L’année 2003 fut marquée par le grand retour d’un des plus vieux briscards du jeu vidéo : le
Prince de Perse. Pour l’occasion : exit les graphismes pourris des années 80 et bonjour l’ambiance lancinante et dépaysante des
Mille et Une Nuits ! Le tout, bien sûr, devait être sauvagement upgradé à la sauce consoles dernière génération. Le résultat s’est accompagné d’un succès critique et commercial assez impressionnant pour une "nouvelle" franchise. Et comme chez
Ubi on sait très bien ce que font "deux et deux", le studio de
Montréal a repris du service à grand coup de cravache pour nous pondre un nouvel opus un an seulement après le premier, pile au bon moment pour les fêtes de Noël !
Après s’être joué du temps, le prince retourne à Babylone. Cependant sa tranquillité ne dure pas longtemps, il découvre bientôt qu’une créature aux pouvoirs surnaturels est à sa poursuite. Le Dahaka doit tuer le prince de Perse afin de réparer les dommages qu’il a provoqué dans la "Ligne du Temps" en utilisant les Sables lors de sa précédente aventure. Le Dahaka ne pouvant être détruit, la mort du prince semble déjà inéluctable. Toutefois, il lui resterait peut-être une dernière chance de survie s’il parvenait, comme par le passé, à remonter le temps jusqu’à la création des Sables pour les détruire. S’il veut survivre, le Prince n’a donc plus le choix : il doit se rendre sur l’île où les Sables furent créés et détruire leur génitrice : l’Impératrice du Temps.
"Mais ! Mais c’est pas la Perse !" Tel est le cri que le joueur lambda serait tenté de pousser en découvrant pour la première fois ce
"Prince of Persia 2". En effet, le principal changement n’affecte pas les graphismes ni le gameplay mais touche à l’ambiance générale et au cadre de l’aventure. C’est désormais une île désolée, où se dresse un ancien édifice décrépi et usé par le temps, qui sera le théâtre des exploits de notre prince, et ce, en lieu et place du magnifique palais oriental qui enchanta plus d’un joueur l’année dernière. Le changement est brutal et pas forcément au goût de tout le monde. Car mis à part une architecture très fouillée, on se croirait parfois dans
Return to Castle Wolfenstein, ce qui en temps normal ne nous aurait pas ému plus que cela. Mais voilà, ce qui faisait le charme du
Prince et le distinguait du reste de la production a disparu. A la décharche des designers, les environnements sont cohérents et graphiquement agréables. Le
level design, toujours aussi crédible, se voit maintenant étendu à des zones beaucoup plus larges, preuve que les développeurs possèdent une bien meilleure maîtrise de leur moteur physique. Le prix à payer sera quelques saccades lorsque la caméra dévoilera une étendue un peu trop vaste, mais rien de catastrophique.

Principal défaut de l’opus précédent, le système de combat a été très largement revu. Plus de coups dispos, une meilleure interaction avec le décor et plusieurs armes disponibles : tels sont les ingrédients de ce lifting. Au final, on s’ennuie moins lors des affrontements, la tactique prend désormais davantage d’importance et les
"Game Over" deviennent même monnaie courante pour peu que l’on augmente la difficulté. Seulement, tout n’a pas été corrigé et les défauts de collisions sont encore légions tout comme les défaillances de l’IA qui ne semblent pas toujours savoir comment réagir. Le pari d’améliorer les combats est donc à demi réussi, mais gageons que lors du prochain épisode la liste des reproches se rétrécira encore un peu plus.

D’ailleurs, la durée de vie, ridiculement courte lors des premières aventures du Prince, a été largement revue à la hausse. Une bonne douzaine d’heures seront nécessaires à un joueur expérimenté pour faire le tour de
l’Ame du Guerrier au niveau le plus facile. On doit notamment l’augmentation de cette durée de vie à une nouvelle bonne idée : pour échapper au
Dahaka, le Prince doit voyager dans le temps du passé au présent, créant ainsi une version alternative de l’île qu’il lui faudra aussi explorer. Ensuite, pour peu que l’on ait réglé la difficulté à un niveau décent, on peut sans problème rajouter une poignée d’heures supplémentaires de plaisir.
Pour nous accompagner dans ce périple la bande-son assure sa partie dans un nouveau registre… hard métal. Là encore, le choix artistique est contestable mais il fonctionne relativement bien. Dommage qu’un doublage indigent vienne ternir le tableau.

Avant de conclure, notons la principale spécificité de cette version
Xbox : la présence d’un mode en ligne ! Sur le
Xbox Live, quelques niveaux sont à effectuer en temps limités, avec pièges et monstre à éliminer le plus rapidement possible. En fin de partie on uploade son score sur le
Live, ce qui permet de se comparer à ses amis. Rien de bien transcendant, mais un petit bonus non négligeable pour qui voudrait faire durer un peu plus l’aventure.
Cette cuvée 2004 du Prince à su conserver, voire améliorer, ce qui a fait le bonheur des joueurs du premier volet. Il n’est pas sûr cependant que le revirement artistique brutal, et franchement contestable, ravisse tous les fans. Mais cela, seul l’avenir nous le dira.