Zarok est de retour ! Alors que Sir Daniel Fortesque, considéré comme un héros dans son pays – alors qu'il n'en est rien, se reposait dans sa tombe, son ennemi juré envahie le royaume de Potencie. Dan est rappelé d'entre les morts.
Malgré le principe de "retour" du méchant, ceux qui auront goûté fin 1998 à la version PsOne de
Medievil se douteront immédiatement qu'il s'agit ici d'un simple portage de cet épisode sur PSP. Néanmoins, réjouissons nous :
Medievil avait marqué à son époque, par son action 3D réussie et son petit côté aventure bienvenu, et notamment par son ambiance halloweenesque, rappelant forcément le film
L'Etrange Noël de Mr Jack de Tim Burton. Un esprit original en jeu vidéo, renouvelant alors l'expérience un peu répétitive des jeux de plateformes en 3D.
Qu'en est-il sept ans plus tard ?
De l'eau a coulé sous les ponts depuis
Medievil, et le genre "action plateforme 3D" a également beaucoup évolué. Si cette version sentira donc le déjà vu à plus d'un titre pour les habitués, ses qualités demeurent néanmoins intactes. Se plonger dans l'univers de
Medievil reste donc un enchantement, autant pour les yeux que pour ceux cherchant avant tout un jeu à l'ambiance soignée et prenante. Chaque niveau arbore donc un design 3D aux décors tarabiscotés, où rien n'est plat, donnant une sensation de "vie" à ce monde virtuel pour le moins inhabituelle et séduisante. Accompagné d'une musique symphonique, cette simple aventure - en apparence - prend des allures de bataille épique entre le bien et le mal, un aspect sombre surligné par ses décors morbides et son bestiaire agressif. Si au cinéma, désamorcer la noirceur d'une histoire et d'un monde par de l'humour est souvent fatidique (car souvent maladroit), il n'en est strictement rien ici.
Medievil assume pleinement son côté cartoonesque, utilisant à la perfection cet ingrédient. Notre héros est un lâche, ce qui ne le rend que plus impliqué dans sa tâche, et le bestiaire censé l'aider n'aura de cesse que de se moquer de lui à l'orée de la fin du monde.

Si le principe de jeu reste donc classique, il n'en demeure pas moins parfaitement maîtrisé et intéressant. On démarre avec comme simple arme le bras de Dan, qui, squelette oblige, ne se contente pas de donner des coups de poing, mais s'arrache le bras pour frapper les autres avec. Rapidement, de nouvelles armes arrivent à point nommer pour palier à ce moyen de défense pour le moins rudimentaire, et on se retrouve avec différentes épées, des couteaux, arbalètes, et autres massues ou marteau de grande taille, près à tuer du mort-vivant ou du troll sauteur.
Medievil évite également la linéarité du genre en instaurant un système de clés à trouver pour ouvrir des portes, au départ faciles à trouver et nécessitant au fur et à mesure de la progression, la résolution de nombreuses énigmes. Chaque niveau mènera forcément à un boss, généralement impressionnant et difficile à vaincre. En ce qui concerne les rajoutes de la PSP, on trouve une série de mini-jeux fort sympathiques et additifs, à débloquer au fur et à mesure de la partie, un peu à la façon de
Mario DS.
Mais le plaisir ne s'arrête pas au jeu, puisque les nombreuses cinématiques, en image de synthèses ou en temps réel, donnent à
Medievil une consistance supplémentaire. Bénéficiant d'un doublage de grande qualité, l'histoire en elle-même et ses nombreux rebondissements sont ainsi constamment étoffés, rajoutant encore au pouvoir d'immersion de l'ensemble.
Un jeu simple et recyclant de vieilles recettes à la perfection étant toujours mieux qu'un jeu ambitieux mais au degré ludique proche de zéro,
Medievil Resurrection vaut tout autant la découverte que la redécouverte.